Nos
relations internationales
4-4 Action Union Européenne
: Déclaration Ecrite
PARLEMENT EUROPÉEN
29.11.2006 0087/2006
DÉCLARATION ÉCRITE
Déposée conformément à l'article 116 du règlement
Par Jolanta Dickute, John Bowis, Stephen Hughes, Frédérique
Ries et Thomas Ulmer
Sur l'hépatite C
Échéance: 15.3.2007
Déclaration écrite sur l'hépatite
C
Le Parlement européen,
–
vu l'article 116 de son règlement,
A. considérant que 12 millions de personnes en Europe sont infectées
par le virus de l'hépatite C ,
B. considérant que le VHC, particulièrement nocif pour
le foie, exige des mesures d'urgence, qu'il est à l'origine de
l'hépatite C chronique, laquelle entraîne la cirrhose, l'insuffisance
hépatique et le cancer du foie, et augmente par conséquent
les besoins de transplantation,
C. considérant que le VHC se révèle un "tueur
silencieux" et un "tireur embusqué", car cette
maladie n'est bien souvent pas détectée, les cas de nombreux
malades ne sont pas diagnostiqués et les malades avérés
sont fréquemment victimes de stigmatisation,
1. demande à la Commission et au Conseil:
–
de reconnaître l'hépatite C comme un problème urgent
de santé publique et d'identifier des actions prioritaires dans
le cadre des programmes des présidences à venir du
Conseil;
–
d'adopter une recommandation du Conseil sur le dépistage de l'hépatite
C, afin de garantir un diagnostic précoce en l'espèce et
d'offrir un accès plus large aux traitements et aux soins nécessaires;
–
de répondre aux recommandations formulées dans le rapport
du Parlement européen de juin 2006, sur la protection des travailleurs
des services de santé de l'Union européenne contre les
infections à diffusion hématogène résultant
de blessures par piqûres d'aiguilles;
–
de faciliter la réalisation de nouvelles recherches sur le traitement
des personnes souffrant de l'hépatite C, co-infectées par
le VIH/Sida et/ou par l'hépatite B;
2. charge son Président de transmettre la présente déclaration,
accompagnée du nom des signataires, au Conseil et à la
Commission.
JOURNEE MONDIALE HEPATITES le 19 Mai 2008 Pourquoi le monde entier se poserait la question
«
Suis-je le numéro 12 ? »
De par le monde entier, de Sydney à Zagreb et de Pékin à Buenos
Aires, plus de 200 groupes de patients, couvrant pas moins de 55 pays,
l’ Alliance Mondiale de l’Hépatite lancent cet appel...
... en France, HEPATITES : ECOUTE et SOUTIEN (HES) aussi !
Une personne sur 12, sur la planète vit avec l'hépatite
B ou l'hépatite C et pourtant, il est démontré que
la majorité des personnes contaminées ne savent même
pas qu’elles le sont !
Sont-elles donc condamnées à mourir ?
LES MALADES VEULENT SE FAIRE ENTENDRE DANS LE MONDE
LE 19 MAI 2008 JOURNEE MONDIALE DES HEPATITES
Pourquoi ?
L’hépatite virale est une épidémie présente
dans le monde entier.
Les hépatites virales constituent une sérieuse question
de santé publique en Europe et dans le monde entier.
Ce sont des maladies totalement sous estimées.
En effet, peu savent que dans le monde, environ 180 millions de personnes
sont infectées par le virus de l'hépatite C et 1,2 billions
sont quant à elles infectées par le virus de l’hépatite
B.
Pour replacer ces chiffres dans leur contexte, l’OMS estime que
40 millions de personnes vivent avec le VIH sur Terre.
En Europe, l’hépatite
C concerne environ 22 millions de
personnes et cause chaque année la mort d’environ 86 000
personnes.
En Europe, l’hépatite B, concerne environ 12 millions de
personnes.
Par an 90 000 d’entre elles deviennent porteuses chroniques du
virus B et 24 000 en meurent.
A titre de comparaison, le VIH cause 36 000 décès.
En France le nombre de personnes touchées par le VHB et le VHC
ne cesse d’augmenter.
Le taux de prévalence serait de 0,84 % en France et de 1, 04 %
dans le quart sud est, mais seuls 56 % des malades sont dépistés
(Institut National de Veille Sanitaire 2005).
On estime que plus de 624 000 personnes seraient contaminées
par le VHC et plus de 300 000 personnes par le VHB.
Sur l’agglomération Lyonnaise plus de 14 000 personnes seraient
infectées par le VHC
En France, en 2001, 4 000 à 5 000 décès ont été liés à l'infection
par le VHB et le VHC.
La consommation d'alcool et l’infection par le VIH sont des co-facteurs
importants.
Ces données soulignent la nécessité de continuer
les programmes de santé publique efficaces qui comprennent le
dépistage, la gestion et le suivi des malades.
Si ces infections virales du foie ne sont pas traitées efficacement
et précocement, des lésions du foie ainsi que le décès
prématuré dû à une insuffisance hépatique
ou à un cancer du foie peuvent survenir.
Il faut savoir aussi que l’on peut guérir de l’hépatite
C ! Grâce à un traitement antiviral, certes parfois lourd
en terme d’effets secondaires, cher pour la société et
le patient, une éradication du virus peut être obtenue dans
50 à 85 % des cas selon le génotype.
Pour combattre l’évolution péjorative de l’hépatite
B, il existe également des traitements antiviraux permettant de
stabiliser l’évolution de la fibrose.
De plus, un vaccin existe pour le VHB, ce qui n’est pas le cas
du VHC.
En France, si le calendrier vaccinal dans l’ensemble est respecté il
n’en est pas de même pour la vaccination de l’hépatite
B. Ce sont surtout les adolescents et les jeunes adultes qui ne sont
pas immunisés.
Pour l’hépatite B « 2/3 des adolescents vont entrer
dans la période de risque sans être protégés » s’inquiète
le Pr. David Floret (Comité technique des vaccinations) qui soulignait
lors d’une conférence de presse à Lyon il y a quelques
semaines que le taux de vaccination contre l’hépatite B
est le point noir de la couverture vaccinale en France : il est tout
juste de 30 % contre 81 % en Allemagne et 97 % en Espagne.
Si les autorités sanitaires réaffirment dans le calendrier
vaccinal que les dernières études « ne montrent pas
d’association entre vaccination hépatites B et sclérose
en plaques » elles continuent de recommander la vaccination des
nourrissons, des personnes ainsi que le rattrapage des enfants et en
priorité les adolescents.
Nous approuvons ces recommandations mais nous estimons que les efforts
d’informations vers les publics concernés ne sont pas à la
hauteur des enjeux de santé publique que sont les hépatites
virales
La situation que nous décrivons est particulièrement tragique
et très frustrante pour nous, association de patients, dans la
mesure où l’hépatite C est une maladie curable et
l’hépatite B, une maladie que l’on peut stabiliser.
Pour notre association nous approuvons le plan de lutte mis en place
depuis plusieurs années dans notre pays mais nous regrettons que
la prévention au niveau hépatique soit réduite au
calendrier vaccinal.
Nous demandons des campagnes d’informations ciblées sur
les sources de contaminations
Les sources de contaminations sont en grande partie connue :
* Les usagers de drogues sont les plus importants.
* Les personnes ayant des comportements à risques et les personnes
précaires.
* Les transmissions nosocomiales.
* Le piercing, le tatouage sans précaution d’hygiène.
* Les contaminations insidieuses par exemple :
dans une famille dont un membre serait contaminé sans le savoir, le
risque de la salle de bain…..
A cet égard, il est inquiétant de constater que près de
90% des patients contaminés en Europe ignorent qu’ils sont atteints
par ce virus.
A la lumière de ces estimations, les systèmes de santé publique
des pays européens vont devoir faire face à un défi
de grande ampleur au cours des dizaines d’années à venir.
Cet état des lieux a été confirmé par l’E
C D C dans son premier rapport annuel épidémiologique sur
les maladies transmissibles, qui prévoit une :
«
Augmentation des complications de long terme telles que les cirrhoses
et les cancers du foie qui ne se déclarent souvent qu’après
25 à 35 ans »,
Et affirme :
«
Qu’il y a besoin d’établir un système européen
de surveillance des hépatites B et C ».
4 pays dans l’Union Européenne :
La France, la Suisse, le Royaume Uni et la Suède ont un plan de
lutte contre les hépatites virales
Il est donc vital que le combat contre les hépatites virales devienne
une priorité Européenne
Au niveau du Parlement Européen.
En novembre 2006, HES et les associations membres de ELPA (European Liver
Patients Association) ont lancé un appel au Parlement Européen.
A échéance, le 15 mars 2007, 463 signatures de députés
européens ont été récoltées. Il
en fallait un minimum de 392 pour que l’appel puisse être étudié par
le Conseil et la Commission.
Du jamais vu au Parlement Européen depuis l’an 2000 !
Le Parlement Européen réclame donc une prise en compte
européenne de l’Hépatite C, maladie qui touche près
de 12 millions de personnes en Europe et plus de 180 millions au monde.
La Déclaration Ecrite, sous l’impulsion de HES et de ELPA
a été initiée par cinq Députés Européens
: Jolanta Dickute, John Bowis, Stephen Hughes, Thomas Ulmer et Frédérique
Ries.
La déclaration écrite du Parlement demande notamment au
Conseil Européen d’adopter une recommandation sur l’Hépatite
C afin de garantir dans les pays membres de l’Union Européenne
:
* Un diagnostic précoce
* Un meilleur accès aux soins et traitements
La déclaration écrite sur l'hépatite C déposée
au Parlement européen demande (voir ci jointe dans son intégralité)
«
– vu l'article 116 de son règlement,
A. considérant que 12 millions de personnes en Europe sont infectées
par le virus de l'hépatite C (VHC),
B. considérant que le VHC, particulièrement nocif pour
le foie, exige des mesures d'urgence, qu'il est à l'origine de
l'hépatite C chronique, laquelle entraîne la cirrhose, l'insuffisance
hépatique et le cancer du foie et augmente par conséquent
les besoins de transplantation,
C. considérant que le VHC se révèle un "tueur
silencieux" et un "tireur embusqué" car cette maladie
n'est bien souvent pas détectée, les cas de nombreux malades
ne sont pas diagnostiqués et les malades avérés
sont fréquemment victimes de stigmatisation,
1. demande à la Commission et au Conseil:
–
de reconnaître l'hépatite C comme un problème urgent
de santé publique et d'identifier des actions prioritaires dans
le cadre des programmes des présidences à venir du Conseil;
–
d'adopter une recommandation du Conseil sur le dépistage de l'hépatite
C, afin de garantir un diagnostic précoce en l'espèce et
d'offrir un accès plus large aux traitements et aux soins nécessaires;
–
de répondre aux recommandations formulées dans le rapport
du Parlement européen de juin 2006 sur la protection des travailleurs
des services de santé de l'Union européenne contre les
infections à diffusion hématogène résultant
de blessures par piqûres d'aiguilles;
–
de faciliter la réalisation de nouvelles recherches sur le traitement
des personnes souffrant de l'hépatite C, co-infectées par
le VIH/Sida et/ou par l'hépatite B;
2. charge son Président de transmettre la présente déclaration,
accompagnée du nom des signataires, au Conseil et à la
Commission.
L’association ELPA reste vigilante quand au suivi du dossier et
exerce les pressions nécessaires tant au niveau Européen
(Parlementaires) que des membres composants la commission chargée
de faire des propositions auprès de la commission européenne.
Pour votre information voici le vote de nos députés européens
français :
La France compte 75 députés au Parlement européen
dont :
49 ont signé l’appel à l’action
ARIF Kader, AUDY Jean-Pierre, BEAUPUY Jean-Marie, BENNAHMIAS Jean-Luc,
BONO Guy, BOURLANGES Jean-Louis, BOURZAI Bernadette, CARLOTTI Marie Arlette,
CASTEX Françoise, CAVADA Jean-Marie, CORNILLET Thierry, COTTIGNY
Jean-Louis, DAUL Joseph, DE SARNEZ Marielle, DE VEYRAC Christine, DESCAMPS
Marie-Hélène, DOUAI Brigitte, FERREIRA Anne, FONTAINE Nicole,
GAUBERT Patrick, GAUZES Jean-Paul, GIBAULT Claire, GOLLNISCH Bruno, GRIESBECK
Nathalie, GROSSETETE Françoise, GUELLEC Ambroise, HAMON Benoît,
HENIN Jacky, ISLIER BEGUIN Marie-Anne, LAIGNEL André, LAMASSOURE
Alain, LANG Karl, LAPERROUZE Anne, LE PEN Jean-Marie, LE PEN Marine,
LE RACHINEL Fernand, LIENEMANN Marie-Noëlle, LIPIETZ Alain, MATHIEU
Véronique, MORILLON Philippe, NAVARRO Robert, ONESTA Gérard,
REYNAUD Marie-Line, ROCARD Michel, ROURE Martine, SUDRE Margie, TOUBON
Jacques, TRAUTMANN Catherine, VAUGRENARD Yannick,
26 n’ont pas signé l’appel à l’action
:
AUDEBERT Marie-Hélène, BACHELOT- NARQUIN Roselyne, BERES
Pervenche, COUTEAUX Paul- Marie, DE VILIERS Philippe, DESIR Harlem, FLAUTRE
Hélène, FOURTOU Janelly, FRUTEAU Jean-Claude, GUY- QUINT
Catherine, HAZAN Adeline, LE FOLL Stéphane, LEHIDEUX Bernard,
LOUIS Patrick, MARTINEZ Jean-Claude, MOSCOVICI Pierre, PATRIE Béatrice,
PEILLON Vincent, POIGNANT Bernard, SAÏFI Tokia, SAVARY Gilles, SCHAPIRA
Pierre, SCHENARDI Lydia, VATANEN Ari, VERGES Paul, VERGNAUD Bernadette.
Si aujourd’hui les malades se font entendre au niveau de l’Union
Européenne
Sur le plan mondial les malades commencent à s’organiser,
plus de 200 organisations de malades regroupées dans la World
Hépatitis Alliance proposent que la journée du 19 mai soit
la journée mondiale des hépatites
Dans ce prolongement de cette journée….
Nous organisons sur la Région Rhône Alpes le 24 mai 2008
au NOVOTEL DE BRON une journée de réflexions sur les hépatites
virales sous forme de 3 tables rondes :
1° Table ronde : la personne malade, quelle réalité aujourd’hui.
Pendant 2 heures les malades auront la parole.
2°Table ronde : la prise en charge clinique, quelle organisation
?
3° Table ronde : les traitements et résultats.., les nouvelles
approches
Cette journée sera présidée par :
Le Professeur T. PHILIP Vice Président Conseil Régional
Rhône Alpes
Le Professeur C. TREPO Pôle référent Hépatite
C
Le Docteur A. FHIMA Président Fédération Régionale
Réseaux de Santé.
Après vous avoir décrit l’épidémiologie
des Hépatites dans le monde en Europe en France les actions qui
se mènent en Europe et se mèneront demain dans le monde
je donne la parole aux malades qui ont aussi des choses à vous
dire.
Je vous donnerai la parole ensuite pour poser vos questions.
Merci pour votre écoute
Témoignage de Gisèle :
Le vécu de ma maladie pendant 10 ans
Suite à la découverte et à l’annonce que j’avais
une hépatite C ? Je n’ai rien compris, rien entendu, je
ne pensais qu’à une chose : pourquoi moi !
Moi qui ai toujours eu une vie très saine, honnête !
Ai-je contaminé mes enfants, mon petit fils ?
Où dois-je aller ?
Toutes ces questions je les pose au médecin, rendez-vous est pris
avec un hépatologue de l’Hôtel Dieu de Lyon.
Le soir à la maison je me sens très mal, je suis une pestiférée,
pour moi à cette époque le mot n’est pas trop fort.
Je prends une assiette en carton, verre en plastique, couvert jetable,
mais en réalité je ne mange presque plus rien.
Toute la famille doit faire une analyse de sang (dépistage) l’attente
est très dure, les enfants sont jeunes, le petit fils a deux ans,
si je les ai contaminés que va-t-il se passer pour eux ? Nous
dormons mal ou pas du tout, nous faisons les tâches journalières
comme des automates.
Enfin les résultats sont là, aucun des enfants ni mon mari
sont porteurs du virus de l’hépatite, alors revient toujours
cette question pourquoi moi ?
Après 3 traitements, mono, bie, trie thérapie échelonnés
sur une période de 10 ans, je connais enfin la rémission
dans un premier temps puis la guérison….depuis 5 ans
Mais c’est toujours avec angoisse et la peur au ventre que nous
attendons les résultats des analyses de fin d’année.
Petit à petit les grosses angoisses ont disparues, mais il nous
reste toujours une appréhension : et si un jour il fallait recommencer
ces traitements, cette lutte pour vivre, aurons nous le même courage,
la même hargne ?
Il faut dire qu’en chacun de nous cette maladie a laissé des
marques indélébiles.
Le virus a disparu, c’est vrai…..mais pour le combattre,
les traitements ont laissé des effets secondaires conséquents
qui sont toujours présents même après la guérison.
Exemples : durcissement du cœur, traitement à vie pour cela
Des coups de fatigues intenses.
Des douleurs dans les membres et les articulations (fibromialgie).
Problème de la glande Tyroïde.
H.E.S. - Témoignage VHC de Dominique - Conférence de presse
Vendredi 16 mai - La Maison du Patient à Lyon
1 -Introduction
Mon vécu :
De bonne constitution physique, je ne connaissais pas le maladie
Pas d’arrêt de travail
Je partais du principe que notre corps possède des défenses
immunitaires.
Vie saine : sans alcool, ni tabac, ni drogue (pas de tatouage ni piercing).
Pratique du sport avec licence : football corporatif, ski avec club.
Marié, 2 enfants
Fatigue
En 2001 j’ai éprouvé une fatigue de plus en plus
importante. Cette asthénie envahissante, persistante m’avait
poussé à :
o me reposer dans la voiture lors de l’arrêt de travail entre
12 et 14 heures,
o me coucher le soir de plus en plus tôt
o d’arrêter mes séances collectives de gymnastique
nécessaires à mon équilibre et surtout à mes
problèmes de dos,
o diminuer les activités familiales en week-end.
Je me suis enfin décidé à aller consulter un médecin
dans le but d’avoir une aide, par exemple un fortifiant, du calcium
ou du magnésium.
Après un entretien détaillé et des questions remontant
sur de nombreuses années en arrière, je suis reparti avec
une ordonnance pour un laboratoire d’analyses médicales.
2 - La maladie : traitement et conséquences
Découverte de la maladie
Le résultat de la prise de sang était clair : virus de
l’hépatite C
J’en ai conclu qu’il s’agissait d’un problème
de foie, mais n’étant ni buveur d’alcool ni fumeur
et n’ayant pas de traitement médical, je ne me suis pas
inquiété.
Au contraire, j’étais presque soulagé, l’origine
de ma fatigue était trouvée…un traitement approprié allait
certainement y remédier.
L’hépatologue de l’hôpital de l’Hôtel
Dieu a préconisé une biopsie afin d’évaluer
la dégradation du foie. Je me suis rendu sans crainte particulière à cette
intervention.
Cette dernière s’est d’ailleurs déroulée
sans problème.
Résultat
Lors du rendez-vous l’hépatologue s’est montré rassurant
et m’a tout de suite expliqué que ma vie n’était
pas en danger.
Puis il m’a fourni des informations sur :
o le traitement envisagé : bithérapie, soit Interféron
Pégylé + Ribavirine,
o les effets secondaires possibles,
Le score de la biopsie indique : A2 F1
Puis il m’a laissé du temps pour m’organiser.
En effet il faut du temps pour :
o accepter la maladie ce qui n’est pas évident
o expliquer à l’entourage ce qui se passe à la famille,
aux relations amicales et sportives, à l’employeur, dire que l’on
ne sera plus disponible pendant un temps incertain (sorties de week-ends, l’aide
aux devoirs, les courses, les déplacements en voiture, les réunions
le soir, les visites à la famille, etc…)
o organiser : le mi-temps professionnel (voie hiérarchique : chef de
service, direction)
prévoir le jour d’intervention hebdomadaire de l’infirmière
(interféron)
bien faire le point avec le médecin généraliste
o digérer les surprises : annonce de la maladie
annonce de la prise en charge à 100%
annonce de la mise en mi-temps thérapeutique
Le traitement demande une grande motivation de la part du malade et de son
entourage.
Sentiment ressenti :
Après une période d’incompréhension, j’ai
ressenti un sentiment de colère, puis de révolte quand
j’ai appris que mon hépatite C avait pour origine une contamination
par transfusion sanguine avant 1990.
En effet, après un accident de la circulation routière,
j’ai subi une intervention chirurgicale lourde, plusieurs jours
de coma, et une autre opération.
Puis je me suis résonné
Etant de bonne résistance physique, rarement malade, pratiquant
du sport, j’ai décidé d’être très
rigoureux avec le traitement et, passé le délai de 6 mois,
cet épisode de ma vie passera au rang des souvenirs.
Je n’ai pas caché ma maladie
J’ai averti ma famille, des relations, mon employeur et mes collègues,
des voisins.
Le traitement commence
La décision a donc été prise avec l’hépatologue,
le généraliste et en accord avec mon employeur de commencer
le traitement le 2 janvier 2002.
Mais je ne savais pas dans quel engrenage je venais de mettre le petit
doigt.
Les premiers effets du traitement (piqûre Interféron) se
sont faits sentir dans les heures suivantes : état grippal, fièvre,
frissons, douleurs articulaires, refus de nourriture.
J’ai ressenti la deuxième vague comme une chute verticale
:
Fatigue très importante, nuits entrecoupées, yeux qui brûlent,
nausées, incapable de réagir,
d’absorber de la nourriture, de conduire un véhicule, perte
de poids, de cheveux, de mémoire, manque de concentration, démangeaisons
cutanées, sensation de dépression, lâcher d’objet.
Suite à ce traitement lourd pour lutter contre cette maladie
insidieuse, je me suis retrouvé devant un état d’usure
physique et psychologique avancé.
J’ai eu l’impression d’être pris dans un cyclone
qui détruit tout sur son passage, par exemple Katerina.
Préjudices et désavantages subis par l’hépatite
C
Douleurs ; Domaine alimentaire ; Sommeil ; Activité générale
; Activité sexuelle ;
Conséquences psychiques ; Conséquences sur la vie privée
; Vie de couple ;
Vie domestique
Vie de loisirs : plus de sorties en week-end
Vie amicale et familiale élargie : l’entourage ne comprend
pas mes réactions
Situation financière : plus de participation, plus d’intéressement
au niveau salarial
Vie de parent (chute verticale devant les membres de la famille et en
particuliers les enfants ; résultats en baisse à l’école
;
Ma fille a dit à sa mère : « papa, je crois que je
ne l’intéresse plus »
Nouveau choc :
Arrêt de travail complet au bout de 2 mois pour pouvoir suivre
le traitement
A mon grand regret, j’ai entraîné avec moi des personnes
(famille, enfants, relations) qui subissent à leurs dépends
les points négatifs de mon état.
J’ai très mal vécu cette période car j’ignorais
quel serait le résultat du traitement, j’étais dans
le brouillard sur le plan physique (impression de déchéance)
et du coté moral (plus de ressort, seulement de la lassitude et
de l’anxiété).
Je ne sors plus, pas même à l’anniversaire des 50
ans d’un de mes frères.
Le maillon faible !!! je culpabilise. Je suis entièrement dépendant.
Le médecin généraliste a souvent été sollicité pour
modifier les médicaments dans le but d’atténuer les
effets secondaires. Il a toujours réussi à me recevoir
dans les heures qui suivaient mon appel.
J’ai dû rencontrer plusieurs spécialistes dont l’ophtalmologue,
le dermatologue, l’endocrinologue (TSH/glande thyroïde)….
Le doute s’installe
Par 2 fois je me suis posé la question sur la suite à donner à ce
traitement :
o les médicaments (pour contrer les effets secondaires) sont de
plus en plus pénibles à prendre
o le moral en pente descendante, en particulier face aux enfants (ils
subissent de plein fouet mon incapacité à les aider).
Mais surtout ne pas arrêter le traitement
J’ai eu les coordonnées de l’Association.
Avec l’aide des médecins et l’appui de l’association,
l’esprit combatif a pris le dessus et la persévérance
alliée à la ténacité restent les plus fortes
pour continuer ce long et pénible combat.
La prise des médicaments a été suivie à 100%
Amélioration
Au fil des mois, on peut noter une amélioration sur le plan clinique
avec une baisse du taux de transaminases.
En juin 2002, soit au bout de 6 mois, le traitement lourd est arrêté pour
reprendre des forces.
Les médicaments pour contrer la poursuite des effets secondaires
continuent.
L’amélioration se fait sentir lentement. L’espoir
revient.
Rechute
Malheureusement une rechute vient me perturber à nouveau. Cette
bombe à retardement me contraint à envisager le futur avec
incertitude (impossibilité de prévoir un emploi du temps).
Je me sens déstabilisé.
Mais deux éléments vont être positifs :
o l’intervention de kinésithérapeute pour palier
au manque de masse musculaire,
o l’utilisation de l’homéopathie, en accord complet
avec les médecins, suite à une information reçue
au cours d’une réunion de malades de l’association.
Reprise positive
Fin 2002 le résultat des analyses montre une amélioration
:
o le taux des transaminases a nettement baissé
o le résultat de l’ARN du VHC indique : non détectable
Une question se pose
Faut-il envisager un suivi psychologique ? La réponse est négative
pour le moment.
Nouveau choc : la mise en invalidité est envisagée, puis
concrétisée
Je suis devenu socialement inexistant
Je me sens exclus, refoulé
Et maintenant ??
Certains soucis demeurent
Coup de pompe dans la journée, crainte du bruit, de la lumière,
chute de tension, nuits entrecoupées. Manque de concentration,
mémoire parfois défaillante, irrégularité,
changement d’humeur, programme parfois modifié au dernier
moment…..
Je reste à certains moments imprévisible.
Je dois m’adapter aux horaires de la journée et j’ai
beaucoup de mal à suivre le rythme d’une vie en société.
La maladie provoque un retentissement indéniable sur la qualité de
vie.
Mais les forces physiques et morales reviennent très lentement.
Je retrouve progressivement l’envie de sortir de chez moi, de marcher,
de soutenir une conversation, de lire, le goût des aliments revient.
Je prévois un programme d’activité, mais il n’aboutit
encore que partiellement.
Je suis retourné au cinéma : assis à l’extrémité d’une
rangée, près de la porte, en prévision d’une
sortie rapide.
Malgré ces hauts et ces bas qui continuent à se renouveler,
j’envisage l’avenir avec plus d’optimisme mais encore
avec incertitude.
3 - Il ne faut pas s’isoler : nous avons besoin d’une aide
Mais le professionnel de santé n’a pas le temps pour fournir
toutes les informations
Il est nécessaire alors de se tourner vers des structures complémentaires
:
o éducation thérapeutique,
o maison du patient,
o association
Ces personnes ou structures n’ont pas pour but de remplacer le
professionnel de santé, mais d’apporter une aide complémentaire
: écoute, soutien, conseil, explication, réponses ux question
se l’on peut se poser
Le malade a besoin de comprendre ce qui lui arrive ;
Il a besoin d’avoir des explications sur : la maladie, les symptômes,
le traitement, le bilan intermédiaire pendant le suivi du traitement,
les effets secondaires, les conséquences de la maladie et du traitement
sur les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne
pendant et après le traitement, même déclaré guéri
(viralement) :
les problèmes continuent à se manifester pendant longtemps
Il ne s’agit pas d’une guérison complète, mais
plus précisément d’une :
«
réponse virologique prolongée »
Il faut faire face, essayer de rester positif
Mais seul cela me semble très difficile
Il est nécessaire de se rapprocher des structures existantes qui
peuvent apporter leur aide
De quelle façon ?
1) Participer à des entretiens individuels (seul ou en couple)
: éducation thérapeutique et maison du patient
2) Faire partie d’une association de malades : (ex : HES)
J’ai téléphoné et on m’a répondu :
- « bonjour et bienvenue »
Je me suis rendu à une réunion et on m’a dit :
- « vous avez besoin de nous ? nous sommes là pour vous aider »
- « bienvenue au club des hépatants »
3) Assister à des conférences-débats sur la maladie
avec la participation de médecin généraliste, d’infirmière
spécialisée, d’hépatologue ; avec la possibilité de
poser des questions et de dialoguer avec l’ensemble des participants
: professionnels de santé, membres de l’association, malades
4) Participer à des rencontres de malades, en dehors de la présence
de professionnel de santé
Ce qui permet à chacun :
o d’écouter les autres
o de prendre la parole pour exprimer son mal de vivre
o de découvrir que nous ne sommes pas seul à vivre avec une hépatite
o de savoir comment les autres vivent leur maladie
o de constater que le traitement n’a pas les mêmes effets secondaires
suivant les individus
j’ai découvert l’utilisation de l’homéopathie
et
j’ai entendu les explication d’un greffé du foie
Les malades s’entraident
afin de mieux vivre leur hépatite et leur traitement
Ces mêmes malades apprécient les structures que
vous avez mises en place et vous en remercie
Points positifs dans mon malheur :
* Bon diagnostic du MG dès la 1ère visite (pas traité pour
une déprime importante)
* Aide de l’entourage familial, relationnel et professionnel
* Maladie découverte à temps et traitement approprié donné par
l’hépatologue
* Proximité : trajets faits en TCL
* Connaissance de l’association HES, même avec du retard
(ed.thér. n’existait pas à ce
moment-là
* Pas de co-infection
Cette association m’a apporté une aide appréciable
dans les moments difficiles ;
C’est pourquoi, maintenant que mon état de santé s’est
amélioré, je consacre une petite partie de mon temps à apporter
une aide à ceux qui peuvent en avoir besoin
Témoignage de Jean Marc ;
J'ai eu une hépatite B il y a 24 ans.
Je me sentais très fatigué, plus de force, perte d'appétit,
nausée, vomissement, difficulté de digestion
A l'époque j'habitais un quatrième étage sans ascenseur
il fallait que je m'arrête à les tous les étages
pour reprendre mon souffle.
Manque de sommeil, envie de ne rien faire.
En entrant dans le cabinet du médecin il me regarde et me dit
de suite….
«
Vous, vous avez une hépatite », effectivement mes yeux étaient
jaunes.
Suite à l’analyse il me confirme que c'était bien
une hépatite B, six mois d'arrêt de travail.
Les conséquences :
Lorsque j'ai repris mon activité on voulait me changer de service.
Depuis je suis obligé d'avoir une vie saine sans excès.
Autres difficultés :
Pour souscrire un emprunt, votre banquier vous demande de remplir un
questionnaire médical pour garantir votre prêt.
En déclarant votre hépatite sur ce questionnaire votre
prêt vous sera refusé. Nous devenons de fait des exclus
légaux de la société civile, on se sent rejeté.
Il y a bien une loi qui oblige les banques à autoriser des prêts
bancaires aux malades hépatiques, mais les conditions à remplir
sont draconiennes, c'est pratiquement impossible, car les intérêts
sont très élevés, le montant du prêt est limité,
la durée de remboursement est réduite. C’est aussi
un parcours du combattant que vous devez faire pour avoir le dossier.
Sans la caution d'un proche c’est impossible d'acheter un appartement
ou une voiture a crédit.
Témoignage de Jacques :
Je suis atteint du virus de l’hépatite C.
Découverte en décembre 1994.
Après 4 traitements il est apparu que je n’étais
pas répondeur aux médicaments.
Il a été convenu avec mon hépatologue que l’on
se dirigeait du coté d’une greffe du foie.
J’ai une cirrhose virale, des varices oesophagiennes, une encéphalopathie
hépatique et une hépatomégalie.
Je suis enregistré comme éventuel receveur à l’agence
de biomédecine depuis le 22 janvier 2008.
La transplantation est une opération lourde (environ 10 heures)
et en plus du temps qui court, s’ajoute un stress incontournable.
L’attente est longue et peut durer plusieurs mois. J’en
suis à 116 jours d’attente.
C’est tout un travail sur soi même que de digérer
que l’on va avoir le foie d’un autre (cliniquement mort).
Il faut pouvoir se faire aider par un psychologue (la Maison du Patient)
et avoir un entourage compréhensif, c’est l’essentiel.
Gérer l’attente : veut dire s’occuper le corps et
l’esprit et pendant tout ce temps qui semble une éternité,
ne pas trop gamberger. On a tendance à se faire un cinéma
plutôt noir.
De cet état de fait, découlent des moments de pessimisme
et de colère bien compréhensibles.
Le fait de savoir que l’on est impuissant face à la douleur
nous laisse en droit de laisser « éclater notre colère ».
On a l’impression d’être puni vis à vis des
autres.
Ce n’est pas moi qui ai fauté, transfusé en 1982
je fais partie des malades qui ont été contaminés à l’hôpital
et classé dans la catégorie « maladies nosocomiales »
J’attends cette greffe avec impatience car je sais heureusement
pour avoir connu des personnes greffées qu’elles ont retrouvé une
vie meilleure.
A quand un traitement plus radical et une autre molécule,
L’espoir fait vivre …….. ? Alors contentons nous de
cet adage.
Témoignage de Thierry
Mesdames, Messieurs vous avez la parole……
Votre contact
Ernest ROHRMANN
Président
Hépatites : Ecoute Et Soutien
04 72 51 44 57
http//hes@libertysurf.fr
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