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L'hépatite C   

4-7 La surveillance de l'hépatite C

Dans un certain nombre de cas, le médecin peut juger que votre état ne nécessite pas de traitement :

  • les risques de dégradation des fonctions du foie sont faibles (transaminases normales, évolution très lente de votre maladie, activité minime).
  • le traitement pourrait ne pas avoir d'efficacité.
  • ou vous présentez des contre-indications au traitement.

Cela ne veut pas dire pour autant que vous ne devez plus être suivi. Votre maladie nécessite une surveillance au long cours, pour laquelle votre médecin prescrira à intervalles réguliers des contrôles biologiques (prises de sang) ou une échographie.

Une nouvelle biopsie du foie, 3 à 5 ans après la première, peut s'avérer nécessaire. Dans la vie courante, les activités professionnelles, sportives ou sexuelles habituelles peuvent être poursuivies. L'utilisation des préservatifs est indispensable en cas de partenaires sexuels multiples et recommandée, pour les couples stables, lors des périodes menstruelles ou en cas de lésions génitales ou de rapports traumatiques.

  • Il n'y a pas de régime alimentaire à entreprendre. En revanche, la consommation régulière d'alcool, même modérée, est à proscrire.
  • Dans l'entourage familial, les objets usuels ne nécessitent pas de désinfection particulière ( vaisselle, linge de toilette,....voir précautions à prendre ).
  • Il est recommandé aux usagers de drogues de n'utiliser que du matériel jetable, de jeter les aiguilles usagées dans un container scellé, de ne pas partager de seringue, de paille, ou de matériel de préparation.
  • Il n'y a pas de contre-indication à la grossesse ou à l'allaitement. En revanche, la grossesse est incompatible avec le TRAITEMENT DE L'HEPATITE.
  • Il n'y a pas en général, de contre-indication à prendre vos médicaments habituels après avis de votre médecin. Il n'est pas utile de prendre des vitamines ou autre médicament pour combattre la fatigue ; elle sera au mieux améliorée par des périodes de repos.
  • Il n'y a pas lieu de faire part de votre infection à votre employeur. En revanche, votre médecin peut vous être utile et il est astreint au secret professionnel. Aucun poste de travail n'est contre - indiqué pour un patient présentant une hépatite chronique C.
  • Il est utile d'informer de votre infection les soignants à l'occasion de gestes invasifs (médecin, infirmière, dentiste,...).


4-8 Quels sont les objectifs du traitement ?
Le but du traitement de l'hépatite chronique C est d'arrêter la progression de la maladie afin d'éviter l'évolution vers la cirrhose ou l'aggravation de celle-ci. En cas d'apparition de complications, celles-ci peuvent bénéficier de traitements spécifiques adaptés.

Le traitement reconnu de l'hépatite chronique C est l'association interféron alfa - 2b + ribavirine dont l'efficacité a été bien démontrée mais qui n'est cependant pas encore parfaite.

L'interféron PEGYLE augmente de façon significative les résultats dans les GENOTYPES 1 les plus difficiles à traiter par l'association interféron classique et ribavirine.

En cas d'efficacité optimale, l'association interféron alfa - 2b+ribavirine permet :

  • d'interrompre la multiplication du virus dans le sang,
  • de normaliser les transaminases (ALAT),
  • et de diminuer ou faire disparaître l'activité de la maladie dans le foie, visualisée par la biopsie hépatique (PBH).

4-9 Que sont L'INTERFERON et la RIBAVIRINE ?

L'interféron, ou plutôt les familles d'interféron (alpha, bêta, gamma,...) sont produites à l'état naturel chez l'homme. Ils sont sécrétés pour la défense de l'organisme en cas d'agression étrangère, en particulier en réponse à une infection virale comme la grippe. Ils ont une action antivirale et de stimulation immunitaire (stimulation des défenses de l'organisme).

L'interféron alpha utilisé pour le traitement de l'hépatite chronique C est obtenu par recombinaison génétique à partir du modèle de gène de l'interféron humain. Administré chez l'homme, cet interféron recombinant de synthèse peut entraîner des réactions cliniques en particulier à type de symptômes "pseudo-grippaux" : se sont les effets secondaires du traitement (fièvre, frissons, céphalées, fatigue, courbatures... voir chapitre 4-11, 4-13 et suivants, et chapitre 9-1)

S'ils existent, ceux-ci diminuent le plus souvent en une à deux semaines. D'autres effets secondaires plus rares peuvent survenir (troubles de l'humeur, trouble digestifs, baisse transitoire des globules blancs ou des plaquettes). Vous devez prévenir votre médecin en cas d'apparition de symptômes inhabituels.

La ribavirine est un médicament qui, associé à l'interféron, en augmente l'efficacité. Elle est en général bien tolérée, les effets indésirables les plus fréquents sont une anémie (diminution des globules rouges du sang réversible à l'arrêt du traitement), des démangeaisons, des douleurs musculaires et une toux.

Lors d'essais chez l'animal, la ribavirine a entraîné des malformations chez le foetus et des modifications réversibles du sperme. Il n'est pas prouvé que la ribavirine puisse entraîner ce type d'anomalies chez l'homme. Cependant, afin d'éviter tout risque, des précautions particulières sont à prendre par vous-même et votre partenaire pour éviter toute grossesse pendant le traitement et quelques mois après son arrêt.

Les précautions suivantes sont donc demandées :
Patientes ou partenaires des patients doivent pratiquer un test de grossesse avant le début du traitement (les patientes doivent avoir un test négatif).

Si vous êtes une femme traitée :
  • un test de grossesse doit être réalisé tous les mois et les 4 mois suivant l'arrêt du traitement
  • vous et votre partenaire devez utiliser chacun une méthode de contraception efficace pendant le traitement et les 4 mois suivants.
Si vous êtes un homme traité :
  • Vous et votre partenaire féminine devez utiliser, chacun, une méthode de contraception efficace pendant le traitement et les 7 mois qui suivent son arrêt.
  • Votre partenaire féminine doit effectuer un test de grossesse tous les mois pendant votre traitement et pendant les 7 mois qui suivent son arrêt.
  • L'homme traité dont la partenaire est enceinte doit protéger tout rapport en cours de grossesse par le port de préservatifs.

Comme pour tout traitement, parlez à votre médecin de tout phénomène inhabituel survenant au cours du traitement. Signalez-lui également tout autre traitement que vous prenez.



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