FICHE TECHNIQUE No 11

Prévention et dépistage




Depuis des mois, le moindre effort que ce soit au travail ou en faisant du jardinage, du sport ou encore le ménage, vous fatigue. C'est peut être le moment de réfléchir, de faire le point sur sa santé, sur la vie que l'on a mener jusqu'à ce jour. Pour vous aidez voici quelques pistes de réflexions :

  • Aventures de jeunesse (drogue même qu'une seule fois, expériences sexuelles...).
  • Accidents de travail, de la route avec transfusion avant 1992.
  • Examens cliniques, nosocomiales, endoscopie, sonde...
  • Hospitalisation avec opération lourde et transfusion sanguine (avant 1992).
  • Accouchement difficile et transfusion sanguine (avant 1992).
  • Dentistes, acupunctures, pratique du tatouage, du piercing, quand les instruments utilisés n'étaient pas encore à usage unique.
  • Vous êtes un grand voyageur, ou pour des raisons professionnelles vous êtes allé dans des pays où l'hygiène est douteuse (Asie, Afrique, Amérique du Sud, Moyen-Orient, Pays de l'Est...).
Que faire après cette recherche personnelle ? Vous avez des doutes ? Parlez-en à votre médecin généraliste, demandez-lui de vous faire un test de dépistage du V H C.

Vous avez entendu parler du sang contaminé, des hépatites, sans plus... et pourtant...
LES TROIS HEPATITES VIRALES LES PLUS FREQUENTES :

  • L'hépatite A se transmet par la consommation d'eau non potable, d'aliments contaminés par de l'eau souillés ; elle se transmet aussi par les selles. Elle guérit presque toujours spontanément, en quelques semaines.
    Un vaccin permet de s'en protéger.
  • L'hépatite B se transmet par le sang et les relations sexuelles. Elle guérit spontanément dans 90% des cas. Dans 10 % des cas, elle ne disparaît pas (hépatite chronique) et peut, parfois, entraîner une cirrhose ou un cancer du foie.
    Un vaccin permet de s'en protéger.
  • L'hépatite C se transmet par le sang. Elle guérit spontanément dans 20% des cas. Elle devient chronique dans 80 % des cas. Dans sa forme chronique, l'hépatite C peut entraîner des complications graves qui apparaissent très longtemps après la contamination.
    Il n'existe pas de vaccin contre l'hépatite C.

Une personne atteinte sur trois l'ignore encore.
Plus vite dépistée, plus vite traitée plus grandes seront vos chances de gagner sur la maladie.
L'hépatite C est une infection souvent compliquée. Sa gravité vient des complications qui peuvent apparaître vingt ou trente ans après la contamination. Parmi ces complications possibles, une cirrhose peut se développer et, parfois, évoluer en une dizaines d'années vers un cancer du foie.
C'est une bombe à retardement.

L'hépatite C est une maladie fréquente mais méconnue.
Elle est due à un virus appelé VHC qui n'a été identifié qu'en 1989, qui se transmet par le sang. On estime que 3% de la population mondiale a une infection chronique par le virus de l'hépatite C et que le V H C est responsable d'environ 70% des cas d'hépatites chroniques.
En France, 500 000 à 600 000 personnes seraient contaminées par le V H C soit 1,5 % de la population.

Il existe plusieurs modes de transmission
La transmission par des produits sanguins, avant 1992 :
Selon les estimations un tiers des hépatites C actuelles sont dues aux transfusions de produits sanguins réalisées avant 1992(sang, culots globulaires) et avant 1990 aux produits coagulants. Grâce à la sélection des donneurs, au dépistage systématique des dons du sang et à des procédés d'inactivation, le risque de transmission de l'hépatite C par transfusion n'existe pratiquement plus.
La transmission par des usages de drogues :
L'usage de drogues par voie intraveineuse représente aujourd'hui la première cause de contamination du virus du V H C, du fait du partage encore fréquent des éléments du matériel d'injection entre plusieurs utilisateurs(seringue, cuillère, coton, citron...)
Le partage d'une paille par les personnes qui "sniffent" de la drogue peut être à l'origine d'une contamination (la paille peut entrer en contact avec des petites blessures à l'intérieur du nez).
La transmission par l'utilisation d'instruments contaminés par le V H C :
Le virus de l'hépatite C peut se transmettre à l'occasion de la réutilisation d'instruments qui ont pu être en contact avec le sang d'une personne infectée par le V H C et qui n'auraient pas été correctement stérilisés lors de certains actes médicaux, en particulier l'endoscopie, et de certaines pratiques telles que l'acupuncture, la mésothérapie, le tatouage, le piercing et certains soins d'esthétique (épilation électrique, contours par tatouage)... Pour éviter ces risques de transmission, l'application de nombreuses mesures a été demandée aux professionnels concernés, parmi lesquelles : respect des précautions d'hygiène, désinfection et stérilisation adaptées, utilisation de matériel à usage unique.
Des sujets exposés à des actes médicaux, greffes de tissus, de cellule ou d'organe avant 1992, patients hémodialysés, interventions chirurgicales lourdes, réanimation, accouchements difficiles, greffes, néonatologie, enfants nés de mère séropositive au V H C, sujets séropositifs au V I H.
Des sujets ayant un facteur d'exposition au risque non quantifié ou faible(inférieure à 2%), partenaires sexuels des personnes contaminées (partage d'objets souilles par le sang), personnes incarcérées ou l'ayant été.
Des personnes présentant un taux élevé d'ALAT sans cause connue, personnes originaires de zones à forte endémie.
La transmission par voie sexuelle :
La transmission du V H C par voie sexuelle est faible. Elle est probablement liée à la présence de sang à l'occasion d'un rapport sexuel (règles, blessures des voies génitales... ). Seul l'usage du préservatif permet de prévenir le risque de transmission sexuelle.
La transmission de la mère à l'enfant :
Le risque de transmission du V H C de la mère infectée à l'enfant est de l'ordre de 3 à 6%. (voir Fiche N° 13 Peut-on vivre sa sexualité, sa grossesse, concevoir un enfant, quand l'un ou l'autre des partenaires ou les deux ont une hépatite C)

Gestes de la vie quotidienne et transmission de l'hépatite C :
Il n'y a aucun risque de transmission dans la plupart des gestes de la vie quotidienne, notamment : s'embrasser, manger ensemble, partager le même verre, se serrer la main.... On peut vivre tout à fait normalement auprès de quelqu'un qui a une hépatite C. Il faut éviter de partager les objets pouvant être en contact avec le sang : rasoir, brosse à dents, coupe-ongles, ciseaux.
Les traitements de l'hépatite C sont de plus en plus efficaces :
La prise en charge de l'hépatite C repose principalement sur l'association de deux traitements, l'interféron et la ribavirine (bithérapie). L'introduction récente de l'interféron pégylé a permis de développer l'efficacité de cette prise en charge. A l'heure actuelle ces traitements ont prouvé leur efficacité dans plus de 55 % des cas.

Le dépistage du V H C est fiable et accessible :
Les tests de dépistage du V H C ont été mis au point dès le mois de mars 1990, soit très peu de temps après l'identification du virus(fin 1989). Les méthodes de dépistage actuelles permettent de détecter les anticorps produits par l'organisme pour lutter contre le V H C , l'antigène viral de l'hépatite C et l'A R N du virus. La recherche des marqueurs spécifiques du virus s'effectue par sérologie pour les anticorps ou l'antigène (tests immuno-enzymologiques de type Elisa) ou par biologie moléculaire pour la recherche d'A R N et la détermination de la charge virale. Dans tous les cas, il suffit d'une simple prise de sang pour réaliser ces recherches. Mais si vous avez un doute, il est nécessaire de faire un dépistage du V H C.
Vous pouvez en parler avec votre médecin, qui vous prescrira, si nécessaire, un test de dépistage, remboursé à 100% par la sécurité sociale. Vous pouvez vous rendre directement dans un Centre d'Information Dépistage Anonyme et Gratuit (CIDAG ). Ces consultations ont été mises en place en 1988 par les pouvoirs publics. Elles ont d'abord été destinées à faciliter l'accès pour tous au dépistage du virus du sida (VIH ), de façon anonyme, confidentielle et gratuite, dans le cadre d'une démarche volontaire. Depuis 1999, les missions des CIDAG sont étendues au dépistage du virus de l' HEPATITE C (VHC ). Il existe au moins une consultation dans chaque département. Les prestations sont délivrées gratuitement et anonymement, aucun papier d'identité, aucun paiement ne vous seront demandés.

Sur le département du Rhône 5 centres de dépistages anonymes et gratuits sont à votre disposition :
Hôpital Hôtel-Dieu
"Espace Prévention Santé" - 1er étage
angle de la rue de la Barre et quai J. Courmont
71, quai Jules Courmont
69002 LYON 04 72 41 32 91
Horaires d'accueil et de consultation
Lundi et vendredi : 9h-12h - Mardi : 11h-14h - Jeudi : 14h30-19h30
Moyen d'accès : Métro Bellecour

Hôpital Edouard Herriot (C.I.D.A.G.)
Pavillon A (RdC - entrée principale de l'hôpital)
Place d'Arsonval
69003 LYON 04 72 11 62 06
Horaires d'accueil et de consultation
Lundi, jeudi : 8h30-16h30 - Mardi : 8h30-12h - Mercredi : 13h-16h30
Vendredi : 8h30-15h45
Moyen d'accès : Métro Grange Blanche

Hôtel Dieu (C.I.D.A.G.)
Porte 17
61, quai Jules Courmont
69002 LYON 04 78 42 29 26
Horaires d'accueil et de consultation
Consultations préalables, dépistage :
Lundi au vendredi : 13h-16h sans rendez-vous
Consultations de remise des résultats :
Lundi et vendredi : 13h30-15h, 17h-19h - Mercredi : 13h30-15h
- Mardi et jeudi :13h-15h
Moyen d'accès : Métro Bellecour

Centre de Prévention (C.I.D.A.G.)
2, rue Antoine Billon - BP 206
69321 VENISSIEUX cedex 04 72 50 08 68
Horaires d'accueil et de consultation
Mardi : 12h30-14h30 - Jeudi : 17h-19h
Moyen d'accès : Bus N° 12

Centre de Prévention (C.I.D.A.G.)
131, rue Auguste Aucour
69400 VILLEFRANCHE-SUR-SAONE 04 74 65 02 70
Horaires d'accueil et de consultation
Lundi, jeudi : 11h30-13h30
Moyen d'accès : Bus N° 12

Vous trouverez l'adresse du ou des centres de dépistages anonymes et gratuits de votre département en consultant le Minitel : 36 11 code Hépatites + No du département ou sur le site Internet http://www.depistagehepatites.com.

Dans le cadre de la campagne nationale d'information sur l'Hépatite C et l'incitation au dépistage du VHC promu par la Direction Générale de la Santé lancé depuis le 28 juin 2000. Vous pouvez ainsi obtenir des informations plus spécialisées AU NUMERO VERT 0 800 845 800. (appel anonyme et gratuit)

SUITE AU DEPISTAGE VOUS ALLEZ SUIVRE UN TRAITEMENT
Nous vous conseillons de ne pas rester seul chez vous, car vous allez engager un combat qui sera long , difficile. Les effets secondaires vous déstabiliseront, vous serez amené à douter, à vous décourager. Votre entourage ne comprendra pas forcement ce qui vous arrive.
Prenez contact avec des associations de malades vous trouverez leurs adresses dans les hôpitaux, chez votre médecin ou sur notre site http://www.hes-rhone-alpes.com Vous trouverez auprès d'elles l'écoute, le soutien, l'information complémentaire afin de mieux comprendre ce qui vous arrive pour mieux vivre avec votre maladie.
Pour la région Rhône Alpes : HEPATITES ECOUTE et SOUTIEN - tél 04 72 51 39 36

NOUS VOUS ENCOURAGEONS A CONSULTEZ NOS FICHES TECHNIQUES
Les effets secondaires
Effets secondaires et éléments de surveillance du traitement par interféron
Effets secondaires et éléments de surveillance du traitement par ribavirine
Comment vivre avec sa maladie
Lexique : Tous les mots et des abréviations
Comprendre une biopsie
Savoir poser les bonnes questions à son médecin
Comment se faire communiquer son dossier médical
Nos relations avec les autres associations
HES : Une force de concertation et de propositions
Prévention et dépistage
Sexualite, grossesse, enfant, et hepatite c
Rappels des hépatites, de la prévention au dépistage


Réalisée par HEPATITES ECOUTE et SOUTIEN - 26 rue du Château - F 69 200 VENISSIEUX
Email: hes@libertysurf.fr - Site: www.hes-rhone-alpes.com - tél. / fax 04 72 51 39 36